(Vincent,
le 17 mai 2010) J’aimerais vous parler d’un
livre qui m’a
particulièrement enthousiasmé. Il s’agit du
livre « Le prix à payer
» racontant l’histoire mouvementé de la
conversion d’un
musulman chiite irakien, de ses problèmes et de
sa fuite, avec
sa femme (aussi convertie) et leurs enfants.
Après
avoir lu un article dans l’hebdomadaire «
Famille
chrétienne », j’ai voulu l’acheter, mais j’ai dû
attendre plusieurs semaines car les magasins
étaient tous en
rupture de stock, il faut dire que l’article
rendait ce livre
très attrayant… et bien effectivement, il l’est.
Outre le parcours de foi de ce musulman de bonne
famille, on en apprend
beaucoup sur l’Islam, la société irakienne, les
usages
dans les familles aristo-bourgoises, la vie de
caserne, on fait
même un tour dans les prisons de Saddam Hussein.
On en apprend
également sur les rapports entre chrétiens et
musulmans
en Irak et en Jordanie. Bref, une fois plongé
dans cet ouvrage
où l’auteur frôle la mort à plusieurs reprises,
on
doit se forcer de faire des pauses tellement on
aimerait tout lire d’un
coup.
En résumé, ils ont vécu la phrase des évangiles
(Luc 21, 16) « Vous
serez livrés même par vos parents, par vos
frères, par vos proches et par vos amis,
(…)
Voici un
extrait du livre « Le prix à payer” de
Joseph Fadelle - pages 54-55 - Avec
l’autorisation des Editions de
L’œuvre
(…) Ce que
mon père ne sait pas, c'est que, de mon côté,
je
n'ai qu'une idée en tête : partir de chez moi
au plus
vite, pour pouvoir vivre ma foi au grand jour.
Je n'éprouve
aucune envie de fonder un foyer ici, de
succéder à mon
père comme nouveau chef du clan, quand bien
même
j'obtiendrais ainsi le pouvoir absolu sur ma
famille, accompagné
de privilèges et richesses innombrables...
Au
début de l'année 1992, je suis donc loin
d'imaginer ce
qui m'attend lorsque je me rends dans la
grande salle, juste avant le
déjeuner, convoqué par mon père:
- Mon fils, j'ai une grande nouvelle
à t'annoncer: je t'ai trouvé une fiancée
Abasourdi, je bredouille une
objection, en ayant peine à articuler trois
mots
- Mais... Je n'ai pas tellement envie
de me marier pour l'instant...
- Ttt ! De
toute façon j'ai déjà payé la dot, al-mahr,
et surtout j'ai donné ma parole à la famille,
donc c'est
maintenant mon propre honneur qui est en jeu:
il n'est pas question que
tu refuses.
Ainsi, me voici acculé, sans aucune
possibilité de
m'échapper. Si je recule, cela sera considéré
comme une insulte par la belle-famille, et
provoquera sûrement un
conflit grave entre les deux clans. D'un autre
côté, il
est absolument imaginable que j'avoue à mon
père la
véritable raison pour laquelle je ne veux pas
me marier.
Devant ma mine décomposée, mon père ajoute
cependant avec un sourire entendu, destiné à
me
convaincre : «Ecoute, je t'ai choisi cette
femme parce que c'est
bien pour la famille, mais si tu veux en
prendre une autre, tu fais ce
que tu veux ! Tu n'auras qu'à prendre celle-ci
comme un meuble
dans ta chambre... »
Pour clore la discussion, il précise, d'un air
impératif,
qu'il a déjà tout organisé : je suis
officiellement fiancé depuis un mois, les deux
familles se sont
entendues, sans aucun souci de nous informer,
ma fiancée et moi.
A cette occasion, me raconte fièrement mon
père, ils ont
offert un luxe de bijoux et de produits de
beauté,
conformément à la tradition, pour que la
mariée
soit belle le jour des noces. Lesquelles
auront lieu.., dans une
semaine.
Blême de rage, mais impuissant, il ne me reste
qu'à me
soumettre à cette parodie de mariage. Durant
les quelques
journées qui précédent l'événement,
j'assiste en spectateur, sans joie, aux
préparatifs de la
fête où je serai au centre de tous les
regards. Je me sens
d'une tristesse à fendre les pierres, emmuré
dans ma
solitude sans pouvoir me confier à
quiconque... Le comble est
que je n'ai même pas l'autorisation de voir à
quoi
ressemble ma future femme!
Le jour
venu, on me conduit, tel un automate, d'abord
chez les sunnites qui
tiennent les tribunaux civils. C'est là que
j'aperçois
pour la première fois ma future épouse,
Anouar. C'est une
belle femme souriante de 24 ans, aux yeux et
aux cheveux noirs.
Elle
semble très timide, n'osant pas lever les yeux
sur moi. Anouar
paraît également troublée par les questions du
juge
du tribunal coranique, qui lui demande très
vulgairement si elle
accepte l'acte sexuel, pour constituer le
contrat de mariage. La
mariée devient toute rouge. J'en suis confus
pour elle. Sa
réponse tarde, au point que le juge se voit
obligé de
répéter sa question. La confusion grandit, et
un
«oui » plein de honte sort enfin de sa bouche.
Puis nous
nous rendons devant le cheikh, comme le veut
la tradition chiite. La
cérémonie religieuse, al-Zaffeh, a lieu au
nord de
Bagdad, dans le grand mausolée de l'imam
Moussa al-Khadim, (…)
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(Vincent)
Il n'y a pas photo dans ce livre. Pour ceux qui
ne sont jamais
allés au Moyen-Orient et afin de mieux se rendre
compte de
l'ambiance général, voici 2 photo de Hamann (la
capitale), en Jordanie (ou se passe une partie
du livre) que j'avais
prise lors d'un circuit touristique en 1994.
